Témoignages sur le SGT
Voyez le témoignage de Florian
Et voici l'histoire de Gauthier:
Je m’appelle Gautier, j’ai 17 ans ½. Je voudrais faire un témoignage sur ce que je vis avec mon SGT. Pour cela, j’ai besoin de ma mère, nous parlons ensemble et elle écrit. Je ne sais pas écrire ce que je ressens, elle comprend tout ce que je pense et ensemble nous allons expliquer comment on m’a ôté mes rêves.
Depuis que je suis tout petit, on s’est toujours moqué de moi à cause de ma différence. J’ai beaucoup souffert et encore maintenant, même si je suis dans un établissement spécialisé, les jeunes se moquent de mes tics, ne comprennent pas mes réactions, me traitent de « gogol », de « débile » et je n’en peux plus. Je suis malheureux.
Alors j’ai trouvé un moyen pour échapper à ça, je m’enferme dans une bulle imaginaire.
Il faut que je vous dise que j’ai une grande sœur et un grand frère que j’admire beaucoup.
Ils ont tous les deux un beau métier, et j’aimerais bien leur ressembler, mais mes parents me disent souvent que chacun est différent et qu’on ne peut pas faire tous la même chose.
J’aurais voulu, pour faire plaisir à ma famille devenir quelqu’un de grand. Un grand peintre ou un chef cuisinier ou bien un acteur de théâtre. Et je rêvais de tout ça, dans mon coin.
L’autre jour, il y a eu une réunion de synthèse dans mon établissement. Mes parents étaient là, bien évidemment. Je suis content quand ils viennent me voir dans la semaine.
Les équipes médicale et éducative ont dit à mes parents que je m’améliorais à mon rythme, lentement. Mais ce qui m’a fait du mal, j’avoue, c’est qu’ils m’ont dit que je devais arrêter de croire que je serai un grand peintre, un chef cuisinier ou un acteur. Mes rêves se sont envolés.
Je sais bien que je dois avoir les pieds sur terre, mais mes rêves me faisaient du bien.
Alors maintenant, je me demande ce que je vais devenir plus tard. Je suis immature, SGT avec énormément de troubles associés qui m’envahissent. Je m’énerve beaucoup dès que je n’arrive pas à faire ce que je voudrais, je tape partout, je me fais mal et je sais bien que ça fait mal à mes parents de me voir ainsi. Mes parents, je les aime et je sais qu’ils m’aiment aussi.
Alors que j’essaie de me retenir quand je suis au dehors, mon corps explose quand on est tous les trois à la maison. Je sais bien qu’eux, ils ne me feront pas de réflexions. J’ai besoin de me lâcher, alors je le fais chez moi.
Mes parents m’ont expliqué qu’il avait été décidé avec l’établissement, que je serai dirigé vers un ESAT pour avoir un emploi protégé. Je ne comprends pas de quoi ils parlent, mais peut-être que d’ici là, j’aurai un peu grandi dans ma tête. J’ai 2 ou 3 ans pour m’y préparer.
Ils me rassurent un peu, car tout cela me semble loin.
Alors maintenant, je retourne où je suis bien. Je vais rentrer dans une autre bulle et rêver d’autres choses. Je voudrais qu’on ne se moque plus de moi, ça c’est très important. Puis je voudrais bien avoir une petite copine, mes parents me disent que cela viendra aussi. Mais aussi, j’aimerais avoir mon permis de conduire.
Fait le 10/11/2009