Une fiche en 10 points pour les instituteurs

Vous êtes instituteur, moniteur, et vous « avez un Tourette » dans votre groupe d’enfants ?

 Lisez la fiche d’une page que nous avons rédigée à votre intention; elle est plus succincte que le guide de l’éducateur.

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Le SGT et l’école en 10 conseils pour les enseignants concernés

Un élève de votre classe hoche la tête, cligne des yeux, fait des grimaces, et en plus il se met brusquement à pousser des cris, siffler comme un oiseau ou à faire des commentaires déplacés qui n’ont rien à voir avec le cours…
Face à un tel enfant, pensez que la cause d’un tel comportement peut aussi être une maladie. Il se peut que cet enfant souffre du SGT (syndrome de Gilles de la Tourette).
Vous avez déjà entendu parler de cette maladie à la télévision ? La plupart du temps, les cas ne sont pas aussi dramatiques que ceux que vous avez vus. Cependant vous voilà confronté à une difficulté qui sera aussi pour vous un défi… qui vaut la peine d’être relevé ! Vous pouvez faire beaucoup pour lui.

Les 10 points suivants vous aideront à trouver la bonne attitude à adopter dès le départ si vous êtes confronté à ce problème.

  1. Observez votre élève avec attention, prenez éventuellement des notes : quand a-t-il des tics ? Lui arrive-t-il de pousser des cris ou d’émettre des sons ? A quelle fréquence ? Y a-t-il des éléments déclencheurs (un stress, une grande joie, …)
  2. Parlez-en à ses parents ! Montrez-leur vos observations, essayez de savoir comment l’enfant se comporte à la maison.
  3. Informez les parents des services de prise en charge des enfants souffrant de tics (liste des centres de compétences français). Encouragez-les à faire examiner leur enfant. Il ne s’agit peut-être que de tics transitoires qui disparaîtront peu à peu. Mais il faut savoir à quoi s’en tenir, car il est toujours préférable de savoir à quel type de cas on a à faire.
  4. Une fois le diagnostic posé, parlez-en avec l’enfant. Fixez ensemble des règles à tenir. Cependant, lors de l’apparition des premiers tics, les enfants sont souvent au début de leur cursus scolaire (maternelle ou CP, CE1), ils sont dépassés par leur propre maladie et ne veulent pas en parler. Acceptez aussi cet état de fait.
  5. Après en avoir parlé avec l’enfant, informez la classe. Peut-être voudra-t-il que cela se fasse en sa présence, ou il préférera au contraire ne pas être là. Expliquez clairement à ses camarades de classe qu’il ne peut pas contrôler ses tics, tout comme on ne peut pas s’empêcher d’éternuer. Mais dites clairement aussi que ses tics ne seront pas pour l’enfant SGT une excuse pour ne jamais être sanctionné s’il perturbe sciemment les cours ou fait des bêtises !
  6. Opposez-vous formellement à toute imitation de ses tics ! Personne n’imite quelqu’un qui vient d’éternuer, donc personne ne doit imiter les tics de l’enfant concerné. Si vous ne discernez pas bien si l’enfant a « tiqué » ou a volontairement dérangé la classe, demandez-le lui. Vous saurez ce qu’il en est en voyant sa réaction ! Soyez cohérent même après le diagnostic et ne soyez pas moins sévère avec lui qu’avec les autres, sans bien sûr lui interdire ce qu’il ne peut contrôler… même si la frontière est souvent difficile à saisir.
  7. Abordez le thème du SGT en réunion de parents après en avoir parlé avec les parents de l’enfant concerné. Informez les autres parents que vous avez un enfant SGT dans votre classe, expliquez-leur en quoi consiste la maladie et rassurez-les en insistant sur le fait que leurs propres enfants n’en souffriront pas. Ajoutez qu’au contraire cela pourra renforcer leurs aptitudes à la vie en société et contribuer à leur apprentissage de la tolérance ! Prenez leurs remarques ou leurs craintes au sérieux, mais présentez-vous clairement en tant que soutien déterminé de votre élève SGT.
  8. Prévenez les autres professeurs pour qu’ils puisent aussi parler du SGT dans leurs classes. Plus les enfants seront informés sur la maladie, moins ils en auront peur et moins ils agresseront l’enfant SGT ou se moqueront de lui.
  9. Un élève atteint du SGT peut suivre une scolarité normale. Parlez-en avec le chef d’établissement. Trouvez ensemble des possibilités de donner à l’enfant et à la classe des moments de « respiration », quand les tics deviennent trop lourds à gérer pour lui et pour les autres. Y a-t-il une pièce dans laquelle l’enfant pourrait se retirer au calme (à l’infirmerie, la salle informatique ou encore la bibliothèque par exemple) ? Y a-t-il des collègues qui pourraient le prendre à part ? Peut-on autoriser l’enfant à quitter la salle et à laisser un moment « exploser » ses tics dans la cour ou dans le couloir ?
  10. Ne restez pas seul, demandez de l’aide ! Il n’est certes pas facile de gérer un enfant qui pousse des cris ou ne tient pas en place, cela use nerveusement et physiquement. Parlez-en avec les parents et avec vos collègues, mais aussi à des professionnels. Adressez-vous à l’AFSGT (association française pour le syndrome Gilles de la Tourette) pour tout problème que vous n’arrivez pas à résoudre. Allez sur le site internet www.france-tourette.org  ou appelez la permanence téléphonique au 04 72 76 94 98 (laissez un message si vous n’obtenez pas le bénévole qui est en charge de ces appels). On n’a pas le droit de rejeter un enfant parce qu’il a le SGT, mais on ne peut pas non plus laisser un enseignant gérer seul cette situation difficile !
D’après un document de Kathrin Baumhof, professeur des écoles en Allemagne. Contribution en allemand sur le site de l’association allemande

 
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